mardi 26 août 2014

Avec Macron, l’Elysée décroche le poupon


C’est probablement le téléphone portable le plus saturé du Tout-Paris. Parler à Emmanuel Macron relève du parcours du combattant. Surtout ces derniers jours. A l’Elysée, ce jeune énarque, secrétaire général adjoint, est l’homme de la crise de l’euro et de tous les dossiers économiques. La loi organique et le traité européen, c’est lui. Le budget de 2013, c’est encore lui. «C’est notre interlocuteur à l’Elysée», confie un directeur de cabinet d’un des ministères à Bercy, qui assure échanger avec lui au moins trois à quatre fois par semaine, mais plutôt vers 1 heure ou 2 heures du matin. «C’est notre heure du thé à nous.» En ces temps de rigueur historique, le «petit Macron», comme on le surnomme, est devenu une pièce maîtresse dans le dispositif élyséen.

«Extraterrestre». C’est l’histoire de l’affolante ascension d’un jeune homme pressé. Celle d’un Julien Sorel d’un siècle où la haute finance est devenue l’antichambre du pouvoir politique. A 34 ans, Emmanuel Macron a déjà eu trois vies. A 25 ans, en tant qu’apprenti philosophe (thèse sur l’intérêt général, DEA sur Hegel, maîtrise sur Machiavel), il devient l’assistant de Paul Ricœur. Cinq ans plus tard, après un passage par l’ENA et l’Inspection des finances, il entre chez Rothschild & compagnie comme banquier d’affaires. Début 2012, il est nommé gérant et se retrouve à piloter l’un des plus gros deals de l’année (le rachat par Nestlé d’une filiale de Pfizer). Un deal à 9 milliards d’euros qui lui permet de devenir illico millionnaire… Quelques jours plus tard, il entre à l’Elysée au poste de secrétaire général adjoint. «Et il n’était pas question pour lui de venir en tant que simple conseiller», raconte un proche.

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