jeudi 21 août 2014

Morale du coup de boule, par Jérôme Latta


L'attaquant brésilien Evaeverson Lemos da Silva, dit Brandao, incarne à sa façon un stéréotype familier: l'attaquant massif, à la technique rustique, peu buteur mais buteur quand même, bon de la tête, appelé à "imposer son physique" dans les surfaces et à proposer un "point de fixation" devant (c'est-à-dire à tenter de faire quelque chose des ballons qui lui sont balancés par voie aérienne). Un rôle ingrat, mais des profils souvent sympathiques à identifier dans la cohorte des Koller, Laslandes, Fernandao et autre Aloisio qui ont secoué les défenses du championnat de France.

Brandao en propose sa propre interprétation, à contrepied des clichés sur les footballeurs brésiliens – ce qui lui vaut une part des sarcasmes dont il est l'objet. Si ses détracteurs lestent la mule d'une réputation de joueur brutal dans les contacts, notamment par son jeu de coudes, les supporters de Marseille et Saint-Étienne lui vouent la tendresse que l'on doit au buteur des soirs de finale. Il a même quelque chose d'un personnage comique quand il ponctue ses occasions ratées de larges sourires, répond aux interviewes dans un français volontariste mais obscur, se porte candidat à l'équipe de France après sa naturalisation, ou lâche à portée de micro, s'adressant à l'arbitre, un "Chépatouchao" ("Je ne l'ai pas touché") que dément formellement le ralenti.

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