mercredi 10 septembre 2014

Livre : Jacques Sapir - La transition russe, vingt ans après (2012)



La Russie postsoviétique, ce que l'on appelle la «nouvelle Russie», a vingt ans. Elle est devenue désormais un acteur du monde multipolaire dans lequel nous vivons et elle est classée aujourd'hui avec les autres grandes économies dites «émergentes». Nous voyons tous les jours les BRICS prendre de l'importance. Quand on l'évoque, dans les journaux ou dans la presse audiovisuelle, c'est à l'occasion d'une visite d'État, dune rencontre internationale comme le G-20, ou sous la rubrique des faits-divers quand quelques catastrophes spectaculaires frappent ce pays. La Russie a souffert des conséquences de la crise mondiale, mais elle a retrouvé aussi une croissance économique soutenue. Banalisation, donc ? Rien n'est moins sûr. Le pays continue d'être associé au mot «mafia», à la criminalité organisée, mais aussi à la corruption et au népotisme. Pourtant, aller en Russie ou en venir est devenu aujourd'hui facile. Le nombre de touristes russes en Europe, d'hommes d'affaires, la multiplication des réunions, symposiums et autres colloques l'attestent. Il n'empêche, la Russie conserve une réputation sulfureuse. Cela est en partie injustifié. Il est des pays, parfois proches de nous, qui ont de sérieux problèmes de criminalité, ou dont les élites confondent allègrement les genres. Moscou, Saint-Pétersbourg et les grandes villes russes sont des agglomérations européennes et sont très loin de connaître le degré de violence de certaines villes des pays émergents, voire de Naples ou de Palerme. Mais cette réputation s'enracine aussi dans la mémoire et les représentations de la «grande transition», et en particulier des années 1990.

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